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Eau potable : pourquoi la facture grimpe (et qui paie vraiment la dépollution)

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Eau potable : pourquoi la facture grimpe (et qui paie vraiment la dépollution)

 

Le prix de l’eau potable augmente régulièrement, comme le constatent les habitants de Loire-Atlantique : à Saffré, le mètre cube est passé de 1,29 € en 2022 à 1,46 € en 2025, soit +12 % en trois ans une fois les taxes ajoutées. Cette hausse est principalement due au coût croissant du traitement de l’eau, devenu plus complexe pour éliminer pesticides et autres polluants.

Pour rendre l’eau potable, Atlantic’eau investit dans des technologies lourdes : à Saffré, trois nouveaux filtres remplis de charbon actif ont été installés, pour un coût de 550 000 €. Leur remplacement, jusqu’à quatre fois par an, revient entre 80 000 et 100 000 € à chaque fois. Ces investissements sont indispensables pour garantir une eau débarrassée des pesticides.

Mais la dépollution passe aussi par l’amont : le service de l’eau finance les pratiques agricoles moins polluantes, afin d’éviter que les pesticides n’atteignent la nappe phréatique. Sur cinq ans, 1,9 million d’euros sont versés aux agriculteurs pour réduire l’usage de produits chimiques. Sur une centaine d’exploitants, 24 ont rejoint le programme. Certains, comme Jean-Luc Saffré, remplacent le glyphosate par des méthodes mécaniques beaucoup plus longues et coûteuses, en échange d’une aide annuelle de 20 000 €. Les agriculteurs bio reçoivent eux aussi une aide, comme Benoît Gautier, éleveur, qui touche 12 000 € par an pour maintenir des pratiques sans pesticides.

Cette stratégie, soutenue par les responsables du service de l’eau, consiste à payer les agriculteurs pour réduire la pollution plutôt que d’augmenter encore les coûts de traitement. Cependant, certains agriculteurs critiquent un système où, selon eux, « le pollueur ne paie pas » : ils estiment que les consommateurs financent à la fois la dépollution par leur facture d’eau et les subventions publiques octroyées à l’agriculture conventionnelle.

L’objectif local est ambitieux : atteindre zéro pesticide d’ici 2040 au-dessus de la nappe phréatique de Saffré, afin de réduire durablement le coût du traitement de l’eau.

Source: France info 

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